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ACTEUR OU VICTIME ...

ACTEUR OU VICTIME ...

La paresse et la lâcheté sont les causes qui font qu'un aussi grand nombre d'hommes préfèrent rester mineurs leur vie durant, longtemps après que la nature les a affranchis de toute direction étrangère, et ces mêmes causes font qu'il devient si facile à d'autres de se prétendre leurs tuteurs.

Il est si aisé d'être mineur ! (Emmanuel Kant) 

Dans la « grande communauté » de la mindfulness, les notions de combat ou de résistance sont très controversées. En effet, le combat est souvent associé à celle de violence. Cependant, le combat pour une conviction reste l’un des apanages de l’ l’Homme libre.  Vu sous cet angle, c’est bien davantage la forme que prend le combat, que le principe de celui-ci, qui semble importante.

Or, le combat n’est pas nécessairement violent si on considère que chacun a le droit de ne pas être d’accord. Cependant, si l’acceptation de la nature des choses est un principe fondamental de la pleine conscience, la résignation ne l’est pas du tout.

Gandhi, Nelson Mandela, le Dalaï Lama, Martin Luther King et Thich Nhat Hanhn récemment décédé n’étaient pas violents mais étaient des combattants.

Nous devons accepter la douleur inévitable, mais nous ne sommes absolument pas obligés de nous résigner à en souffrir, et encore moins pour toujours.  Notre société - qui est parvenue à un incroyable niveau de sécurité et de confort - a engendré une population de plus en plus faible, de plus en plus dépendante de ce confort et de cette sécurité… et de moins en moins consciente de cette dépendance .

Les grandes crises, politiques, guerrières, économiques, ont ainsi fréquemment pu survenir à cause de l’apathie, de la paresse, de la lâcheté et ont généré – in fine - des réponses d’une violence extrêmes, de la part de ceux qui n’acceptaient plus la situation dans la quelle ils se sentaient plongés.

La lecture de « Les origines du totalitarisme » de Hannah Arendt (et Eichman à Jerusalem) devrait peut-être faire partie de nos cours de niveau secondaire (C’est une brique de 1.400 pages, mais on pourrait réaliser quelques synthèses). Car c’est très précisément de ces dérives passives, issues du confort, de l’inconscience et de la lâcheté, que viennent les dangers totalitaristes dont divers opportunistes profiteront dans une apathie générale, comme évoqué par E.Kant.

La pratique de la pleine conscience nous aide à percevoir des situations, des mouvements et évènements, mais à quoi sert la conscience des choses, si elle ne s’accompagne pas de lucidité concernant la nature des choses en question … ?

La pleine conscience n’est pas une philosophie, mais une capacité à prendre conscience des choses, puis la lucidité de les reconnaître pour ce qu’elles sont, de manière à se ménager le choix délibéré d’agir, ou pas.

L’introspection nombriliste, la désincarnation de la réalité, le refuge intérieur sont certes des outils d’apaisement … s’ils ne s’accompagnent pas d’une résignation qui deviendra  très probablement une source de stress et d’anxiété plus violente encore.

Les choix de l’action, de l’attente ou de l’abandon sont ainsi tous respectables s’ils relèvent d’une posture d’acteur conscient et non de victime inconsciente.

Écrit par : Jacques Splaingaire

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