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Bienveillance, intelligence et bon sens des parents

Bienveillance, intelligence et bon sens des parents

Mettre le monde à hauteur d’enfant, c’est lui présenter un monde au sein duquel il pourra trouver de quoi nourrir son envie de grandir.

On peut évidemment, pour cela, être tenté d’édulcorer l’image qu’on lui donne de ce monde, peindre vaille que vaille les murs en rose pour essayer de lui faire croire que tout est beau, gai et joyeux et que le bonheur, comme on voudrait soi-même pouvoir le penser, se trouve facilement au bout d’une autoroute, une voie rapide et rectiligne débarrassée d’embuches et uniquement fréquentée par des usagers qui circulent de façon prudente, raisonnable et soucieuse des autres ...

Pour le coup évidemment, on devine pourtant que l’on ne s’en sortira pas avec quelques morceaux de sucre censés donner à la vie un gout acidulé, quelques coups de peinture pour égayer le décor et une remise en état des chaussées qui rendra le parcours un peu mieux carrossable.

Non. Cette fois-ci le monde est clairement abimé et les hyper-parents qui savent qu’ils ne peuvent pas y changer grand-chose perçoivent également qu’ils ne gagneraient rien à imposer à leurs enfants une vision du monde qui ne correspondrait pas à la réalité. Circonstance aggravante, l’hyper-parent se sent en sus responsable aux yeux de son enfant non pas pas d’avoir mis le monde dans l’état où il est car - avouons-le, les parents contemporains ne peuvent en rien plaider « coupables » de tout ce qui se passe actuellement – mais d’avoir pris l’initiative de faire venir au monde tel qu’il est un enfant qui ne lui avait strictement rien demandé.

Que faire alors ?

S’excuser auprès de son enfant pour l’incurie d’une ancienne génération qui aurait fait preuve de négligence ?

Cette culture de la repentance qui ne fait strictement rien avancer ne produira généralement aucun effet sur l’enfant.

Se montrer désolé en se lamentant, résigné, face à l’état de notre monde ébranlé par la maladie, gangréné par la guerre et rongé de l’intérieur par un climat qui se dérègle ? Cette apologie de la désolation ne mène assurément nulle part dés lors qu'il est question de préserver le plaisir de vivre.

 

La repentance et la désolation ne constituent en aucun cas, soyons-en certains, ni l’une ni l’autre, des piliers sur lesquels on peut espérer faire reposer une réelle envie de grandir.

Si on essayait plutôt dés lors de leur proposer, partout où cela est possible, de participer à une culture commune de l’apaisement et de la réparation ?

L’apaisement, c’est le retour au calme que l’on obtient quand on parvient à s’écarter des bruits que font ceux qui pensent que pour avoir raison, il faut crier.

L’apaisement c’est l’absence d’agitation que ressentent ceux qui se tiennent à distance de toute forme de compétition.

L’apaisement c’est la sérénité que l’on retrouve quand on ne s’oblige pas à la performance à tout prix.

L’apaisement c’est l’attitude paisible de celui qui préfère la maitrise de soi à la domination de l’autre.

L’apaisement c’est le retour à l’essentiel de celui qui prend le parti de ralentir le temps dans un univers qui par le mouvement lent prend de l’ampleur.

L’apaisement c’est la sagesse de celui qui ne cherche pas la satisfaction de convaincre mais éprouve le bonheur d’échanger...

 

La réparation, c’est le souci de remettre en état ce qui a été abimé. La réparation, c’est le souci de réconcilier ceux qui peuvent l’être.

La réparation, c’est l’envie de corriger en supprimant non pas les fautes - celles-ci appartenant au passé échappent toujours à maitrise actuelle - mais les conséquences de ces fautes - ce sur quoi il est possible d’agir.

Réparer c’est poncer avec délicatesse les surfaces abimées et panser avec prévenance les blessures infligées.

 Apaiser et réparer le monde ensemble en agissant là où nous le pouvons, dans la classe, à l’école, à la maison, dans la famille, dans le quartier et plus loin encore si cela est possible... 

Voilà sans doute deux pistes d’action qui permettent, bien mieux que la repentance et la désolation, au parent de s’associer à son enfant pour s‘opposer aux outrages que la guerre, la maladie et l’incurie ont infligé à notre planète ?

C’est de cette manière sans doute que l’hyper-parent parviendra le mieux à remplir ; en dépit de l’état du monde, cette partie du rôle éducatif parental si difficile à tenir pour le moment qui consiste à transmettre à son enfant une envie de grandir à la fois profonde, solide et durable.

 

Bruno Humbeeck

 

Écrit par : Jacques Splaingaire

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