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Le doute sain et la certitude morbide

Le doute sain et la certitude morbide

La citation complète est un peu plus longue, et Boris Cyrulnik y fait implicitement allusion à l’humilité qu’induit la connaissance, quand elle s’autorise le doute et la multiplication des hypothèses

L'ignorance provoque un tel état de confusion qu'on s'accroche à n'importe quelle explication afin de se sentir un peu moins embarrassé. C'est pourquoi moins on a de connaissances, plus on a de certitudes. Il faut avoir beaucoup de connaissances et se sentir assez bien dans son âme pour oser envisager plusieurs hypothèses.

Penser et dire  « je ne sais pas » demande un certain courage – et surtout une grande honnêteté – car l’ Humain préfère une certitude au doute, ce dernier fût-il honnête et légitime …

Nous avons alors largement tendance à rechercher des explications simples - voire simplistes -  que nous comprenons et auxquelles nous pouvons croire, qu'à des raisons que nous ne comprenons pas et auxquelles il devient alors difficile d'adhérer.

Pourtant, la chose est paradoxale, car bien souvent la certitude est trompeuse alors que le doute est souple … et autorise la rectification des erreurs, les excuses éventuelles, les réajustements … et le dialogue.

Le doute est à la certitude ce que le roseau est au bâton.

D’autre part, l’ego vient s’en mêler, et la tentation de considérer « l’autre » comme un idiot, dès qu’il ne partage pas le même avis est grande … même si cet avis ne repose que sur le besoin de certitude.

Vu sous cet angle, l’humilité consiste souvent à avoir suffisamment confiance en ses connaissances, pour pouvoir s’autoriser le doute sans trop blesser l’ego.

Malheureusement, la connaissance très spécialisée vient parfois nourrir (gaver ?) l'ego via des certitudes assénées auprès d'un cercle de "fans" ... souvent symptomatiques du fait que ces certitudes reposent surtout sur un besoin de l'ego.

Le doute devient alors une grande source de confort psychologique, car juste conserver le droit d’émettre un avis pertinent n’implique plus le besoin d’avoir raison ni de convaincre.

La pratique de la pleine conscience, qui nous confronte – même après des années de pratique – au doute de ne jamais devenir vraiment expert dans le simple fait d’être assis, couché ou en marche … nous entraîne à accepter de simplement faire au mieux, avec le risque constant que ce soit très imparfait.

Écrit par : Jacques Splaingaire

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