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Juger et punir au lieu de comprendre et réparer

Juger et punir au lieu de comprendre et réparer

L’INSTINCT DU BLÂME,  cher à Hans Rosling , trouve dans la situation actuelle de la crise de la covid19 une magnifique illustration.

Car lorsque nous nous trouvons en difficulté sans avoir de solution – et que nos dirigeants semblent ne pas en avoir davantage, « l’instinct du blâme » consistant à chercher – et désigner – un coupable, plutôt que de chercher la (les) cause(s) du dysfonctionnement ou de la situation, surgit chez nombre d’entre nous, entraînant un tsunami d’accusations, de délations, de conflits et de haine.

Cet instinct du blâme peut être utilisé ... ou subi. Mais tout le monde en est victime, même ceux qui l'initient.

Et ceci est habituel dès lors qu’il s’agit de l’Humain : le dirigeant considère que si ses stratégies ne fonctionnent pas, c’est de la faute de la population, cette dernière considérant que si ses efforts ne sont pas payants, c’est de la faute des dirigeants.

Ou que c’est de la faute de telle catégorie de personnes. Et plus le chaos mental est important, plus les jugements sont radicaux et les fractures violentes. Le bon sens se meurt et l’empathie est crucifiée. Ce qui était accidentel devient « méchant », ce qui était distraction devient « inconscient », ce qui était anodin devient « criminel ». Les jugements populaires l’emportent sur le droit, et les condamnations deviennent populaires.

Nous gagnerions beaucoup à mettre une saine lecture de Hannah Arendt au programme scolaire, et notamment Les origines du totalitarisme ainsi que Eichman à Jerusalem, car « l’instinct du blâme » en constitue les fondements.

La chose n’est pas neuve, et nombre de boucs émissaires l’ont ainsi payé – et le paient encore – de leur vie, ou de nombreuses vicissitudes et condamnations.

Au-delà de la profonde injustice que cela génère, le souci majeur est que cela ne fonctionne pas !

Sauf si la désignation de boucs émissaires relève d’une volonté délibérée de semer le chaos ou éliminer un ennemi …

Mais en termes de résolution de problème, cela ne fonctionne jamais car précisément le chaos généré inhibe – ou altère – toute lucidité …

Cette perte de lucidité va en outre ouvrir la porte à de multiples hypothèses d’explication le plus souvent erronées, voire fantaisistes ou opportunément mensongères.

[…] En effaçant la différence entre le vrai et le faux, on justifie n’importe quoi. […]

[…] L’indifférence à la vérité permet de fabriquer de tels ennemis à volonté : les migrants, les musulmans, les écologistes, les antifas, les épidémiologues alarmistes, […] (Guillaume de Stexhe)

Or cette « indifférence à la vérité » peut aussi bien relever d’une manipulation que de la méconnaissance ou de l’ignorance … mais elle relève toujours de l’absence de lucidité.

La lucidité exige ainsi de se détacher de ses préjugés et croyances, d’avoir conscience de son état émotionnel, d’avoir conscience de sa méconnaissance et de son degré d’ignorance … et d’y remédier au mieux avant de se faire – et émettre – une opinion.

 

Voici une courte vidéo d'ARTE concernant l'expérience ayant donné lieu au livre et au film "La vague" sur le désir d'appartenance et le rejet de l'autre.

Écrit par : Jacques Splaingaire

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