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PEUR DE RIEN OU PEUR DE TOUT

PEUR DE RIEN OU PEUR DE TOUT

Nombre d’entre nous sommes convaincus d’être « normaux » et simplement courageux ou prudents, alors que c’est plus simplement l’intensité de l’émotion qui conditionne la pensée, et donc la justification de l’attitude.

Et accessoirement … le jugement porté sur les autres.

Il est très difficile de modifier l’émotion initiale, qui nous est souvent propre, c.a.d. faisant partie de notre personnalité. Celle-ci est/sont réflexe(s)

En revanche, nous pouvons nous entraîner à en prendre conscience de manière de plus en plus précoce, de manière à « repositionner le curseur du risque », de la pensée que cette émotion va induire. En d’autres termes, agir « avec » notre émotion, et non pas (ou moins) en fonction de ses ordres.

Il est important de bien comprendre que, quoi que nous fassions de manière régulière, nous nous entraînons à le faire de plus en plus régulièrement. Et quoi que nous ne fassions pas, nous nous entraînons à être de moins en moins capables de le faire.

Et – dans les deux cas – à y croire. Plus nous cédons à nos émotions en y associant la pensée automatique, plus nous « croyons » à ce type de pensée automatique.

De sorte que, moins nous avons conscience de la forte intensité de notre peur … plus nous la croyons justifiée.  Et nous avons tendance à croire les autres inconscients (ou criminels ou  a contrario  incroyablement courageux)

Et inversement, moins nous la ressentons, moins nous mesurons le risque, et plus nous voyons les autres comme des pleutres (ou des idiots). Dans les deux cas, notre jugement est complètement biaisé par cette émotion dont nous n’avons pas conscience de l’intensité. Le plus « terrible » étant que nous allons alors partir à la recherche de personnes fonctionnant comme nous, pour valider le bien-fondé de notre perception des choses, cédant alors au biais de conformité.

La lucidité repose ainsi prioritairement sur la conscience de notre peur et de l'intensité de ses manifestations physiques. Cette conscience permettant ce « petit espace de liberté » qui nous aide à mesurer plus lucidement le risque réel. Car c’est cette mesure du risque qui doit conditionner notre attitude et notre comportement, et donc la « réponse » (et non « réaction ») que nous apportons à une situation.

Il en va de même avec la plupart des émotions, mais la peur et la colère sont celles qui nous emportent avec le plus de violence … et de réactions inadéquates.

Acquérir cette conscience permanente de notre état émotionnel, est l’une des intentions de notre pratique de la méditation de présence attentive, dite « de pleine conscience ». Lorsque – assis sur notre banc ou notre coussin -  l’impatience ou l’irritation nous amène à penser … nous pouvons nous entraîner à mesurer le bien-fondé de notre désir de réaction et passer en « mode réponse ».

Et l’un des résultats de cette conscience est une meilleure capacité de lucidité.

Écrit par : Jacques Splaingaire

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