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La responsabilité individuelle. Acteur ou victime de notre vie ?

La responsabilité individuelle. Acteur ou victime de notre vie  ?

La responsabilité individuelle est l’un des socles de la pratique de la mindfulness.

Tant dans sa pratique formelle que dans son application informelle : CELA NE DEPEND QUE DE NOUS.

Il n’y absolument aucun obstacle à la pratique qui ne relève de notre propre construction mentale.

Bien sûr, il y a des circonstances et des situations qui rendent notre pratique plus confortable, et d’autres contextes qui la rendent moins confortable.

Mais nous parlons de CONFORTABLE !  Entendez-vous ? Le confort n’est jamais indispensable à la pratique, il est simplement … très confortable, peu confortable, très inconfortable .

Ce n’est qu’un contexte.

Et plus nous avons été dépendants d’un contexte confortable pour méditer, plus nous nous sommes entraînés à dépendre de quelque chose.

Celui qui voit dans le confort un besoin, passera toute sa vie dans la frustration d’un confort insuffisant.

Celui qui apprend à vivre dans le froid, le vent et la pluie, remerciera le ciel de la chaleur du soleil et de la douceur de l’herbe.

Si nous avons besoin de confort pour pratiquer, ou du confort d’un contexte ad hoc, cela signifie qu’il est plus que temps de nous entraîner à méditer, peu mais même dans l’inconfort.

Dans les cycles d’initiation que j’instruis depuis tant d’années, ma première préoccupation est d’aider les participants à se réapproprier leur rôle d’acteur de leur vie, et à sortir de leur statut de victime de celle-ci. En d’autres termes, à devenir davantage autonomes en assumant leur responsabilité individuelle.

La méditation de pleine conscience nous enseigne et entraîne à décider nous-mêmes de méditer. Et ceci, en dépit des circonstances. C’est la raison majeure pour laquelle je ne dirige pas « des méditations en ligne », durant ces temps de confinement, car quel sens cela aurait-il de vous rendre dépendants de moi (ou de quelqu’un d’autre) pour vous apprendre à ne pas dépendre de moi ou de quelqu’un d’autre !?

Car, en mindfulness , il n’y a rien avec quoi on ne puisse travailler (Jon Kabatt Zin)

Cet entraînement nous prépare ainsi à devenir capables de ne plus craindre de ne pas recevoir toutes ces choses que nous attendons « des autres » (conjoint, amis, pouvoirs publics, gouvernement, société, écoles, etc…).

L’autonomie consiste non seulement à pouvoir subvenir à ses besoins, mais aussi et surtout à ne pas confondre les besoins qui nous rendent dépendant de désirs absurdes, car nous avons conscience de pouvoir subvenir à ceux qui nous sont nécessaires, ou même simplement utiles.

Notre société est ainsi faite que nous ne voyons même plus ce qui tourne autour de nous, pour nous faciliter la vie et nous rendre dépendants.

Des choses extraordinaires ont lieu à notre service, et nous ne les voyons même plus : le ramassage de nos poubelles, l’eau courante, potable chaude et froide, l’électricité, le chauffage central, les thermostats, l’enseignement, la médecine presque gratuite … toutes choses dont nous sommes devenus dépendants … sans même en avoir conscience. Et qui du coup nous paraissent faire partie de l’essence de la vie. Nous sommes devenus dépendants de toutes les sécurités, au point de perdre toute notion de responsabilité face au moindre risque.

A tel point que - scotchés devant nos écrans - nous sommes devenus incapables de reconnaître un chêne d’un frêne en hiver, un charme d’un hêtre, ou même un bouleau d’un peuplier, nous ne différencions même pas le chant d’une charbonnière de celui d’un merle ! Cela n’a pourtant rien de commun. Nous ignorons que nos jardins, nos haies, nos arbres et arbustes sont fréquentés par des sitelles, des mésanges, des fauvettes, des pouillots, et nous confondons les guêpes et les syrphes … et qui voit encore les pipistrelles à la tombée du jour ?

Les "écolos" nous donnent des leçons de morale, mais n'autorisent plus les enfants à capturer des têtard pour assister à leur métamorphose ... ni à pécher le goujon pour en faire une friture ... On dépend du rayon surgelés et d'un bouquin "sur la nature".

Qui  grimpe encore aux arbres ?  Qui reconnait encore Cassiopée, la grande Ourse et l'étoile du nord ? Bien sûr, nous considérons que tout cela ne relève pas de nous, cela doit relever de l'enseignement, bref "des autres".

Qui – dans ces conditions – peut croire qu’il donne à ses enfants une éducation le préparant au bonheur ?

Car le bonheur est largement dépendant de la liberté, et la liberté ne peut exister sans autonomie et indépendance. 

L’autonomie et l’indépendance s’entraînent, elles ne se réclament pas. Elles relèvent de notre responsabilité individuelle, pour être acteur et non victimes de notre vie.

Cet entraînement consiste – entre autres - à faire l’expérience de la méditation, et non à dépendre de quelqu’un pour méditer chaque jour.

Écrit par : Jacques Splaingaire

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